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PAUL
SCIBERRAS - LE MOT DU "PROF" ... |
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10 avril
07
LA PLANIFICATION
TECHNIQUE
Nous savons que la mécanique
cérébrale dispose d'une capacité d'adaptation et d'accommodation
importante. Cette capacité est intéressante à condition qu'elle
soit orientée vers la recherche de la plus grande qualité.
La qualité, quant à elle, n'est pas figée, elle est évolutive.
Un nouveau but est possible à atteindre si la progressivité des
situations d'apprentissage est adaptée à chacun des joueurs.
Pour cela, le joueur doit être placé en résonance d'une part
avec lui-même (le moi) et d'autre part avec son entourage
(le non moi).
| La poussée des neurones, la
connectivité synaptique ainsi que l'arborisation dendritique
qui en découle (en somme toute la création des circuits
câblés électro-chimiquement) sont le résultat d'un départ
génétique organisé autour d'un environnement culturel,
familial, sociétal et sportif (voir schéma ci-contre). |
Nous savons que la
transmission de l'influx nerveux doit vaincre une certaine
résistance anatomo-physiologique, elle dépend de la
détermination du joueur.
La transmission utilisera plus aisément une voie déjà créée à
celle qui ne l'est pas. Nous pouvons ajouter que l'influx
nerveux choisira celle qui aura été la plus renforcée à celle
qui l'aura été moins.
Ce déterminant fonctionnel est à prendre en considération dans
les deux sens : positif/négatif. Le renforcement peut donc se
faire aussi bien dans le sens d'une évolution que dans le sens
d'une stagnation.
A partir de ces apports en neuro-psycho-physiologie, il nous
faut faire attention (sous prétexte de coups de base) de ne pas
renforcer des circuits neuronaux obsolètes et/ou inadaptés à un
niveau plus élevé. Perte de temps et encombrement des voies ont
pour conséquence de figer les possibilités des joueurs restées
en veille. |

Paul Sciberras

Tableau
synoptique des différents apports intervenants dans la formation du
joueur de haut niveau en squash |


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Chaque joueur est le résultat d'une
conjugaison des apports génétiques et des apports subséquents aux
acquisitions.
Nous pouvons dire que le développement du joueur est donc assujetti :
• Aux interactions des gènes
entre eux.
• Aux conditions de l'environnement.
• Aux conditions de l'enseignement.
• Aux conditions à partir desquelles les programmes sont
élaborés. |
Cette succession de conditions occasionne des résultats qui varient en
fonction des interactions justement de ces conditions entre elles.
C'est pourquoi, j'insiste sur l'importance de la planification en
ce qui concerne la combinaison des apports théoriques et des
connaissances concrètes.
Ceci explique comment et surtout pourquoi, une fixation exagérée
d'une certaine façon de faire peut donner des résultats momentanés et
devenir par la suite un sérieux handicap. Une seule façon de
faire, un seul outil, limitent la progression du joueur dans les
mécanismes décisionnels qui sont les facteurs cardinaux du traitement de
l'information dans notre activité essentiellement cognitive.
AU COEUR DU SUJET
Pour ne pas risquer de passer à coté des possibilités de certains
joueurs, je vais essayer de clarifier ma position en ce qui concerne la
planification.
Le plan de carrière doit incorporer au départ les données
théoriques suivantes :
• Le génotype (G) est le patrimoine héréditaire d'un
individu. Ce sont les déterminants génétiques hérités des parents.
• Le phénotype (P), ce sont les caractéristiques physiques et
physiologiques d'un joueur, résultant des interactions de son
génotype et de son environnement.
• L'environnement (E) représente les différents milieux
dans lesquels le joueur évolue (milieu familial, milieu scolaire; milieu
sociétal, milieu sportif).
• L'épigénétique (Epig) c'est la manière dont un individu est
façonné dans ses multiples interactions avec l'environnement. Il
s'agit de montrer que le joueur se développe par formations successives,
par acquisitions à partir de nouvelles fonctions de plus en plus
élaborées et adaptées, d'où l'importance du concept de fonctionnalité
dans la programmation des séances d'entraînement.
Pour simplifier la
compréhension nous pouvons donc écrire la formule suivante :
P = G x E x Epig |
Précision :
Ce qu'il faut savoir, c'est qu'une transcription épigénétique
des structures peut être inutile et même retarder toute
évolution du joueur, si elle n'est pas régulée par une
fonctionnalité choisie et développée en adéquation avec les
caractéristiques propres à chaque joueur (phénotype) et
si elle n'est pas combinée conjointement aux caractéristiques de
l'activité (environnement).
Nous profitons ici pour rappeler que la quantité et la
qualité sont antinomiques. Trop de quantité est forcement
nuisible à la qualité. |
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Ce qui est certain, c'est que la
fonctionnalité influence l'expression des gènes et que les
facteurs génétiques sont modifiables sous les effets de l'environnement.
Il est clair que l'épigenèse modifie le
génotype du joueur. Le choix des contenus d'enseignement adaptés à
chaque joueur est primordial dans la construction des programmes
d'entraînement.
Le phénotype du joueur est donc sous le contrôle de l'épigenèse. La
planification, si elle est bien menée, modifie le joueur vers plus de
singularité. Le phénotype est la création de "modules fonctionnels", la
construction de la différence qui fait la différence.
Ces modules dépendent de la pertinence des tâches mises en place et des
relations fonctionnelles établies dans la qualité des programmations. En
fonction du choix des événements mis en place, certaines combinaisons de
connexions neuronales sont sélectionnées au dépend d'autres (Edelman,
G.M. 1992. Biologie de la conscience, Odile Jacob). C'est cet
ensemble de modifications qui est considéré comme le phénomène
épigénétique.
La mise en place d'un programme adapté à chacun des joueurs modifie
les caractéristiques du joueur à travers son évolution.
L'adaptabilité est la capacité à trouver des solutions aux divers
changements, résolutions de problèmes liées à la recherche d'une
évolution permanente. |
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L'adaptabilité de l'entraîneur est
subséquente aux capacités qu'il a de prendre en compte les
particularités génétiques et environnementales de chacun des joueurs qui
lui sont confiés et de programmer des séquences d'apprentissage
permettant leur développement épigénétique.
Autrement dit, l'adaptabilité pour lui est de construire des programmes
personnalisés.
Attention de ne pas graver le disque dur d'une façon irréversible
en insistant trop sur des pseudos coups de base qui retardent plus
l'évolution qu'autre chose. D'autant plus que l'utilisation de ces
fameux coups ne se retrouvent pratiquement jamais au haut niveau.
Une réflexion sur les contenus
d'enseignement s'impose.
La compétence du joueur est représentée par l'état de son
paysage épigénétique. Ceci signifie que l'entraîneur doit créer les
conditions d'échanges permanents entre le génétique, l'environnement
et l'épigénétique.
A ceux qui pensent que ce discours est trop éloigné de la problématique
du terrain parce que trop théorique, je leur dis tout simplement que
c'est justement à partir d'apports environnementaux culturels (en
biomécanique, en physiologie, en sciences cognitives et gestion mentale)
que j'ai pu mettre en place une conceptualisation concrètement établie
sur le terrain et dont certains concepts sont passés dans la pratique
courante, pour ma plus grande satisfaction.
Ces données théoriques m'ont permis et me permettent toujours de
construire concrètement sur le court les contenus des séances
d'entraînement pour les joueurs que j'ai entraîné ou que j'entraîne
encore.
Le message que j'aimerai faire passer par cet article, est que la
préparation du joueur de squash de haut niveau nécessite une
connaissance dans la construction de programmes personnalisés.
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