


"Le premier jeu était crucial. Il fallait quon arrive à imposer notre
jeu. Javais décidé dattaquer pour empêcher Lee de jouer ses balles
longues en fond de court. Jai pris un bon départ, et jai pu rester en
tête durant le tie-break.
Ensuite, jai réussi à garder le contrôle tout au long du match, même si
Lee a réussi à imposer son jeu dans le 3ème.
Et jaime beaucoup jouer à Hong-Kong, car cest bien agréable davoir
les spectateurs de mon côté..."
Thierry Lincou

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La dernière fois que jai vu Thierry
Lincou, numéro 1 français, numéro 3 mondial, jouer contre Lee
Beachill, numéro 2 anglais et mondial, cétait dans les poules de la
finale des Super Series. Beachill était papa depuis quelques jours, et
il était grincheux, mais en fait ravi de perdre, car sa défaite
signifiait un retour rapide vers sa famille.
Cette fois, la France se doit de remercier John White, car il eut la
gentillesse de nous épuiser lun des joueurs (sinon le joueur) les plus
redoutables du circuit. Moi, je ne surnomme Robocop, parce que sa
précision et sa régularité en font un adversaire pratiquement imbattable
LE MATCH
Dans le premier, Thierry caracole en tête, 8/3. Beachill revient à la
charge, et décroche un tie-break, mais est incapable de conclure (1-3).
Et je pense que cest là le tournant du match. Épuisé mentalement de son
match dhier, les bougies du moteur de langlais manquent détincelles
Dans le second, Beachill ne voit pas une balle (11-6 en 6 minutes), mais
conseillé par Peter Nicol (Malcolm Willstrop, son entraîneur et ami
étant reparti avec son fils vers lAngleterre), il appuie pied au
plancher sur laccélérateur, et aveugle le français 11/3.
COLÈRE
Dans le quatrième, Beachill sénerve contre larbitre. En effet, durant
un échange, il accroche la bague de Thierry, qui tombe au sol, et
insiste sur le fait quon devrait lui accorder un stroke. Grosse colère.
En fait, cest larbitre qui a raison, car Thierry se serait vu
décrocher un point de pénalité si la bague était tombé par elle-même
durant léchange. Si la bague tombe sur collision, un let est accordé.
Oups
.
Quelques
minutes plus tard, Beachill sénerve à nouveau, et, après avoir discuté
une fois de plus avec larbitre, claque la porte du court
. et casse la
serrure, faisant tomber la poignée sur le court, rendant le court
impraticable, et donc passible de perte de match. En dautres mots,
techniquement, Thierry a gagné le match à ce moment-là
.
Re oups
Panique sur le court, un nid dofficiels se précipite
et la porte est
réparée avec du scotch
Après ça, Thierry prend la tête une fois de plus, balle de match à 10/3,
Beachill dans un dernier effort, en sauve trois par des gagnants de coup
droit, mais une dernière volley de revers termine dans le tin, et
Thierry est en finale de Hong Kong
..
Thierry Lincou
(Fra) bat Lee Beachill (Eng)
11/10 (3-1), 11/6, 3/11, 11/6 (48m)
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"Ce nest pas que jai mal joué, mais je
nai bien joué que par intervalle. Thierry lui, a joué à son top niveau
de la première à la dernière balle, et quand on joue quelquun du niveau
de Thierry, on ne peut pas se permettre dêtre mené 0/2.
Mentalement,
je narrivais pas à faire ce que je devais faire. Thierry a joué avec
puissance et contrôle. Et quand jalignais quelques bons échanges,
réussissant à le pousser à la faute une fois ou deux, il reprenait le
contrôle, imposait son jeu très précis et proche des murs, attendant
patiemment quune opportunité se présente à lui pour attaquer.
Dans le 2ème, mon problème à lischio-jambier na pas vraiment été un
problème, jai juste continué à jouer. Mais avec ce nouveau score, la
moindre perte de concentration peut coûter très cher.
On perd deux ou trois échanges, et on arrive presque à la fin du jeu, et
là, il faut brusquement trouver une solution durgence. Avec le scoring
en 15, on avait le temps de se remettre.
Jai gagné le 3ème sur la colère, une colère contre moi-même, car
jétais furieux davoir perdu le second si facilement après mêtre tant
battu pour le premier.
Je nai ni bien joué, ni mal joué, aujourdhui, je navais simplement
pas en moi les ressources mentales pour faire ce quil fallait faire
pour gagner."
Lee Beachill |