Kaleidoscope - Projet Lincou

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LE PROJET LINCOU - PART 1
par FRANCK CARLINO

25 juin 2006
  
FRANCK, LE SOUTIEN DE TOUJOURS...
  
Tout le monde sait que Thierry a deux entraîneurs, par ordre alphabétique Franck Carlino et Paul Sciberras.

Paul nous a fait l'honneur et le plaisir d'écrire plusieurs articles pour nous, et bien sûr a participé à notre semaine Thierry Lincou. Alors il m'a semblé normal de demander à Franck de nous écrire un petit quelque chose.

Et c'est comme cela que j'ai reçu cet article, Le Projet Lincou, qui relate le voyage qu'ont effectué Franck, Paul et Thierry depuis 15 ans.

Alors, tout d'abord, des débuts de leur collaboration jusqu'à l'arrivée de Thierry à Paris à l'âge de 17 ans, puis demain, la suite et fin (pour le moment) de leur périple. Alors, bonne lecture à tous....
   

POUR COMMENCER...UN RETOUR EN ARRIÈRE

C’est Claude DUHART qui me sollicite pour aider Thierry (c’était notre sponsor à l’époque).

L’histoire avec Thierry est avant tout une rencontre de deux êtres qui se sont reconnus sur différents aspects...

Tout d’abord, le respect des adversaires, l’humilité et la détermination dans le travail, et enfin la remise en question pour atteindre les objectifs fixés.

De mon côté cela vient de mon expérience de vie mais aussi de joueur car à 19 ans quand je décide de devenir joueur professionnel le monde du squash Français n'y croyait pas et ce fut aussi le cas pour Thierry notamment au départ car nous travaillions à distance via des fax car j’étais à Marseille et lui à St Pierre de la Réunion.

Je lui ai transmis cette idée que le rêve fait partie de nos vies et qu’il faut entreprendre et agir pour les réaliser.

Il y avait donc l’envie de relever un défi, et la conviction au plus profond de lui que la qualité du travail était la solution pour un joueur français qui n’avait pas autour de lui suffisamment de joueurs de haut niveau pour progresser seulement par le jeu et la compétition.
    

AU DÉPART, LE DOUTE, LE QUESTIONNEMENT,
ET LA RECHERCHE DE SOLUTIONS

Tout au long de mon parcours j’ai touché les limites des connaissances sur le jeu, la préparation physique et la préparation mentale en France.

Je suis donc parti en Angleterre ou j’ai vécu deux expériences très enrichissantes tout d’abord avec Brian PATTERSON et ensuite avec Craig Van det Wath un joueur qui fut exceptionnel avec moi tellement son accueil et son aide furent bénéfiques.

En France, la préparation physique et mentale je la touche sérieusement du doigt avec René Bretones un entraîneur dans le monde du tennis qui a accompagné les meilleurs français.

C’est en 1990 que je rencontre Paul SCIBERRAS, il était très critiqué et personne ne donnait de crédibilité à son travail. Nos échanges furent nombreux, longs et passionnés. Là aussi c’est une rencontre entre deux personnes convaincues qu’il est possible d’atteindre le très haut niveau si l’exigence et la qualité sont intégrées dans le travail.
 
Le projet avec Thierry avait déjà démarré et c’est en 1992 que je sollicite Paul pour qu’il nous rejoigne pour la préparation physique.


Craig Van der Wath

LE PROJET EN TANT QUE TEL
1.LA FAISABILITÉ

Tout d’abord, la détection des aptitudes de Thierry a été nécessaire et lors de notre premier stage, j’ai pu apprécier ses potentialités. Il était facile de voir ses possibilités physiques, son sérieux, son sens stratégique dans le jeu mais à l’époque, il était critiqué sur sa technique.

Il fallait alors être capable de comprendre son niveau de motivation et sa soif d’apprendre. Tous ces éléments m’ont convaincu qu’il pourrait évoluer sur tous les aspects du jeu et donc qu’il avait le potentiel de devenir un top dix sur le circuit professionnel.

2. LE LANCEMENT ET LE SUIVI DU PROJET

Jusqu’à la médaille de bronze de Thierry au championnat du monde junior, mon travail consista à lui donner toutes les bases nécessaires en lui apportant mon expérience et mes compétences (techniques, tactiques, stratégiques et mentales) mais en lui affirmant qu’il devait garder les oreilles grandes ouvertes car il y a toujours à apprendre de tous et de chacun.

A. Tout d’abord, il a fallu gérer les critiques, l’inquiétude des coachs en place avec la concurrence que nous représentions et trouver des solutions pour permettre à Thierry de rester à la Réunion.

Tout d’abord, le travail à distance avec des plans envoyés par fax :

la création d’indicateur de mesure de la performance à atteindre pour qu’il apprenne à évaluer ses progrès,
la fixation d’objectifs adaptés à son niveau pour ne pas le démotiver et le surentraîner.
un autre point était de bien calibrer sa charge de travail squash car il devait passer son bac.
faire venir des joueurs avec la Ligue de la Réunion pour lui et les autres joueurs de l’île.

Mon rôle fut alors de maintenir une synergie entre différents acteurs impliqués, club, fédération, ligue, entraîneurs, sponsors, sa famille.

La confiance de ses parents dans mon approche (ils hésitaient à l’envoyer dès 15 ans en France) fut déterminante. Effectivement, la force de Thierry venait aussi du fait qu’il vivait dans un environnement familial et amical très favorable.

Pour réussir cela avec un adolescent il fallait prendre les coups pour lui. Il avait de son côté déjà beaucoup d’exigences à gérer, car il menait de front ces études et le squash. Ce fut un succès, bac D avec mention avec un an d’avance, de plus une médaille de bronze aux mondiaux juniors et trois titres juniors en France.

Par contre pour ma part, je n’avais pas la côte. Réussir ainsi avec Thierry et dire à tous que Paul avait raison sur son travail de préparation physique était mal vécu.

B/En parallèle, j’avais avancé avec Paul. Son travail de recherche qu’il valide par l’expérimentation sur un  volume important de joueurs donne des analyses fiables sur différents points fondamentaux de ce sport :

la maîtrise des processus métaboliques pour la préparation physique était de notre part déjà utilisé de façon juste. (À cette époque nous nous sommes battus pour prouver que ce sport était un sport "d’endurance".)

le travail de musculation dont la dimension excentrique est fondamentale, une révolution à l’époque.

le travail sur les déplacements, complémentaire au travail de musculation.

le traitement de l’information et comment développer les capacités d’anticipation et stratégique d’un joueur.

l’évaluation sur la base de critères de mesures du niveau à atteindre en vitesse, précision de jeu et au niveau physique.

Tous ces points faisant partie intégrante du travail de formalisation de Paul appelé l’approche systémique.

Pour la petite histoire, ce travail, je le transpose tous les jours dans mes missions de conseil en ressources humaines au sein d’entreprise nationale et internationale (tous les chemins mènent à ROME)

Tous ces points furent discutés entre nous et nous nous sommes croisés, lui avec son approche de recherche et moi avec mes connaissances pratiques de joueur.     




  



  




NE MANQUEZ PAS LUNDI PROCHAIN
LE PROJET LINCOU - ÉPISODE 2

  
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