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PAUL
SCIBERRAS - LE MOT DU "PROF" ... |
30 juillet 06
L'AUTONOMIE
(1ère partie)
L'autonomie comme finalité éducative.
Du grec AUTO et NOMOS.
Autos : capacité à conduire par
sa moi-même
Nomos : ce sont les lois, la
finalité induite par des lois.
Définition
L'autonomie est la capacité qui rend le joueur apte à
déterminer des règles de conduite de façon à le rendre plus
libre de ses choix dans sa gestion physique et mentale. |
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Paul Sciberras |
Le principe premier de l'autonomie est
donc de faire des choix.
Ce principe se retrouve par le fait que le joueur est seul à décider de
sa tactique dans le court de squash et à appliquer le règlement. Ce qui
se traduit par des choix dans ses actions, dans sa gestion du vouloir et
du pouvoir.
Ces mécanismes de prise de décision débouchent sur l'élaboration et le
respect de règles de gestion en biomécanique, en bioénergétique, en
cognition et en gestion mentale.
Il faut partir du postulat qu'on ne parle de principe d'autonomie
uniquement quand le joueur a développé un minimum de conscience du soi.
Le soi étant la conjugaison du "moi" et du "non moi",
(avec prise en compte de la multitude des interactions possibles). |
RAPPEL
Le moi est tout ce qui touche au fonctionnement
interne de l'individu, c'est-à-dire à son environnement
interne (EI) : perceptions physiques et mentales et que le
non moi est tout ce qui provient de l'environnement externe
(EE) : adversaire, terrain, arbitre etc. |
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L'autonomie n'est jamais atteinte à 100%,
elle doit toujours faire l'objet d'une conquête permanente, elle est
sujette à évolution par inter foliations (par strates successives).
La difficulté pour le joueur, dans sa recherche d'autonomie, vient
qu'elle est dépendante à la fois de son environnement externe
(entraîneur, installations, cadre administratif) et de son
environnement interne (gestion de son affectivité, de sa
personnalité).
L'autonomie ne s'adresse pas uniquement au joueur. Être autonome,
c'est être capable de choisir, autrement dit : c'est se mettre
mentalement en mesure d'agir indépendamment et de se donner consciemment
les moyens de faire le tri (sélectionner) parmi toutes les diverses
sources informationnelles celles qui sont les plus adaptées dans
l'instant.
Ceci à partir, d'une part d'un recueil de données scientifiques des
connaissances théoriques fondamentales (reconnues sur le plan sociétal
par ses paires), et d'autre part à partir d'une expérimentation des
connaissances concrètes d'homme de terrain; connaissances qui entre les
courants divers d'opinion, offrent et permettent d'adhérer d'une manière
lucide et objective à telles ou telles valeurs pour en faire les
siennes. |
L'autonomie passe par la découverte du "soi".
Cette forme d'exploration et de fonctionnement est à prendre en compte
comme étant l'élément formateur du joueur dans la responsabilisation de
ses actes et comme l'élément cardinal de l'éducation à la citoyenneté.
L'apprentissage à l'autonomie se construit avant, pendant et après les
séances d'entraînement. Le joueur autonome est celui qui est apte à
traiter conjointement les informations d'origine externes et celles
d'origine internes, à tout moment, dans la vie de tous les jours et dans
le court à toutes les séances.
Faire passer le joueur de l'hétéronomie à l'autonomie est la tâche
essentielle de l'entraîneur. Pour cela l'entraîneur ne doit jamais
délaisser le fait que son rôle principal est avant toute autre chose une
démarche éducative.
La fonction d'entraîneur est indissociable de la fonction d'éducateur,
cet aspect doit être appréhendé sous l'angle de la réciprocité
(entraîneur vs éducateur et éducateur vs entraîneur).
Certes au début de sa carrière, le joueur dépend entièrement de
l'environnement externe, sa préparation sportive lui est imposée par
l'extérieur. Apparemment, il y a antinomie entre autonomie et adaptation
à l'environnement extérieur. Le rôle, justement, de l'éducateur, est de
permettre au jeune joueur de développer progressivement un environnement
interne suffisamment fort pour lui éviter un conditionnement (physique
et mental) ou une soumission irréversible aux facteurs externes.....
(À suivre)
Paul Sciberras |

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