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PAUL
SCIBERRAS - LE MOT DU "PROF" ... |
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L'Équipe de France en
stage à Royan |
17 mai
07
LA COGNITION OU
L'EXPÉRIENCE VÉCUE
INTRODUCTION
En discutant avec les uns et les
autres, joueurs et entraîneurs, je me suis dit que je me devais
d'apporter quelques précisions dans le domaine de la
cognition ou de l'expérience vécue.
La première vague des activités sportives codifiées
(gymnastique, haltérophilie etc.) portaient sur la
reproduction de la mécanique des moteurs : c'est à dire sur
les moteurs de la première génération (moteur à poulies, à
leviers , à transferts, etc.).
La seconde vague des activités sportives (cross country,
football, basket, vélo, etc.) portaient sur la reproduction des
moteurs de la deuxième génération (moteur à vapeur,
moteur à explosion, etc.), c'est à dire sur ceux qui consomment
de l'énergie, sur l'utilisation du carburant dans les activités.
La troisième vague des activités physiques (tennis,
badminton, squash, planche à voile, VTT etc.) portent sur la
reproduction des moteurs traitant de l'information (les
ordinateurs). Ce sont les activité dites cognitives, c'est à
dire celles qui captent des signaux, qui les analysent, qui
sélectionnent des réponses et qui programment des actions.
| Nous constatons là qu'il
existe une corrélation entre les différents types de moteurs
et les activités sportives. |
Notre activité utilise les trois
types de moteurs, et en plus, nous avons la chance qu'elle soit
la plus cognitive de ces activités bioinformationnelles.
Cependant, bien que le squash français ait fait de grosses
avancées dans le domaine de la mécanique et de l'énergétique, il
reste un secteur qui n'a pas été suffisamment investi à mon sens
: c'est celui de la cognition.
Souvent la cognition pour la plupart se résume à la tactique.
Alors que sans cognition, point de tactique efficace. Je me
devais de donner un éclaircissement sur la cognition.
Il est vrai que la cognition demande un gros effort
d'appropriation de connaissances en anatomie fonctionnelle
cérébrale. Mais cette connaissance est indispensable en ce qui
concerne la formation des joueurs et surtout la formation des
formateurs si on veut que le squash français place le plus grand
nombre de ses joueurs au niveau international, dans toutes les
catégorie d"âge, hommes et femmes.
Le squash français ne peut plus faire l'impasse sur la
cognition, sur la composante biologique la plus importante de
l'activité.
Encore une fois, je suppose que vous me direz que ce ne n'est
pas facile, mais nous ne sommes pas là pour faire du facile, de
toute façon notre activité est l'une des plus difficile à
pratiquer et à enseigner, c'est pour cela qu'elle m'a passionnée
d'entrée. |

Paul Sciberras


L'ère informatique...

Charlotte Delsinne à Royan
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Qu'est ce que la cognition ou
l'expérience du joueur ?
C'est l'ensemble des relations et des interactions avec l'environnement
quand le joueur agit et perçoit. La perception demande un acte de visée,
une action ou le but de la visée est un point précis (un repère, une
cible)
. La perception est donc un acte intentionnel, elle porte en elle
une anticipation (visée >>>cible). L'expérience vécue participe
essentiellement à la construction de l'action (action>>>perception>>>
action…etc.). L'origine de la perception est l'action. Le plus important
pour le joueur est donc ce qui se passe avant la frappe. Nous pouvons
dire :
<S'il n'y a pas d'action, il n'y a pas de perception
possible>
La perception du
mouvement est modifiée par les valeurs individuelles du joueur, et ce
sont les actions qui développent les valeurs individuelles du joueur.
Comme le squash est une activité hyper cognitive, la vraie règle
d'action pour le joueur est l'anticipation. Nous avons déjà vu lors
décrits précédents qu'il existe deux types d'anticipations :
l'anticipation perceptive et l'anticipation motrice.
Action adverse>
anticipation perceptive >
anticipation motrice > action joueur.
L'anticipation
est une nécessité absolue, pour agir et pour percevoir. Elle permet de
prévoir les intentions de
l'adversaire, de planifier l'action à
l'avance, donc de gagner du temps. A
haut niveau, quand la frappe de l'adversaire n'est pas anticipée, le
joueur se trouve en difficulté temporelle. Les kinesthèses donnent un
sens au mouvement que le joueur imprime à ses organes perceptifs
(preneurs de sens) pour anticiper.
(Les kinesthèses : du grec
kinésis = mouvement et esthésis = sensations).
Les kinesthèses
sont donc les sensations propres du mouvement, elles sont une
combinaison complexe du perçu et du vécu, c'est-à-dire de la perception
et de l'action. Pour tromper son adversaire le joueur doit créer des
illusions perceptives en agissant, faire croire que et faire autre chose
(c'est la feinte dans le langage courant).
Sur le pôle perceptif, la combativité se situe entre l'imprévu et le
prévu, transformer l'imprévu en prévu. Inversement sur le pôle moteur,
la combativité se situe dans la création d'imprévu. Au fur et à mesure
que le joueur avance dans la hiérarchie, l'imprévu ne cesse d'appartenir
à la catégorie du prévu.
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L'ordre des engrammes perceptifs dans le
traitement des informations est : vu, revu, prévu en rapports aux
concepts anciens (repères connus et reconnus). L'imprévu est en rapports
aux concepts nouveaux (repères nouveaux à identifier). Étant donné que
l'anticipation est le lien entre l'action et la perception, la
surprise allonge le traitement de l'information, empêche l'anticipation,
met le trouble dans le traitement de la perception et retarde la
planification de l'action, donc réduit la qualité de la frappe. Si le
joueur ne devine pas les intentions de son adversaire, il ne peut pas
anticiper.
L'anticipation prend naissance dans l'action, elle est le lien entre
l'action et la perception.
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La multiplicité des formes d'action (des
kinesthèses) du joueur, améliore la prise d'information sur les
intentions de l'adversaire. Anticiper c'est attribuer, dans une
situation d'incertitude, une certaine probabilité d'occurrence à un
événement. Or la probabilité qu'un geste se produise, est elle-même liée
à l'état du système, à son expérience passée et vécue, mais surtout à
une certaine capacité d'évaluation des possibilités (variables)
susceptibles d'apparaître. C'est une combinaison entre l'expérience
passée, l'état présent et les prédictions du futur.
L'anticipation demande la connaissance d'un espace temporel et d'un
espace topographique connus physiquement. Nous pouvons ajouter que la
cognition du joueur débutant n'a plus rien à voir avec la cognition de
l'expert. Le joueur n'a d'expérience que de ce qu'il a vraiment réalisé
lui même en situation réelle de match. Toute évaluation en dehors de la
situation réelle du tournoi est hors sujet. L'expérience vécue est la
conscience que le joueur a de son corps, de ses actions, des ses
perceptions, de ses prises de décision, de son fonctionnement systémique
par rapport à un adversaire. L'auto-perception consciente, du
fonctionnement intimement construite par ses mouvements, devient "kinesthèses".
Les kinesthèses sont donc le sens intime de l'action, autrement dit le
sens de la fonctionnalité qui prend en compte la temporalité et la
spatialité dans l'expérience vécue. Autrement dit, c'est mettre en
rapport, en concordance le temporel et le moteur. Faire coïncider les
capacités physiques dans le temps d'action imposé par l'adversaire :
c'est la recherche de "l'anticipation/coïncidence". Pas de
fonctionnalité efficace sans intentionnalité.
Nous voyons donc que la notion de temps et d'espace est propre à chaque
joueur, elle dépend de l'expérience vécue de chacun d'eux. Ce que nous
pouvons dire d'une façon nette (parce qu'elle a été vérifiée
scientifiquement) : l'expérience vécue (dans la fonctionnalité adéquate)
modifie les structures physiologiques de la perception (le radar du
joueur devient plus puissant et performant dans l'extraction des indices
pertinents).
La gestion temporelle du temps et de l'espace implique au joueur qu'il
déstabilise son adversaire avant que ce dernier ne le fasse. L'aspect
cognitif de cette situation consiste à trouver pour la frappe, la
coïncidence entre la vitesse de la balle et la vitesse de la trajectoire
de la raquette. Le cerveau est alors un détecteur et un comparateur des
différentes vitesses. En fonction de ses possibilités à gérer l'anticipation-coïncidence,
le joueur choisira le touch contact (Tc) sur la trajectoire de la balle.
Un Tc choisi est une action offensive, un Tc subi, se transforme en
action défensive. Ce qui nous fait dire que le temps est la dimension la
plus importante dans la fonctionnalité du squash puisqu'il demande une
structuration temporelle.
Les mécanismes décisionnels sont au centre du traitement cognitif
du joueur.
Plus l'espace temporel imparti à la technique de l'entre deux frappes se
réduit, plus les anticipations perceptives et motrices deviennent
primordiales, indispensables qualitativement. Ces adaptations
anticipatoires ont pour but de ne pas diminuer l'espace temporel de
la frappe qui doit demeurer une constante dans le respect du rapport
vitesse/précision. Ne pas réduire l'espace d'action de la frappe ne veut
pas dire avoir toujours la même forme gestuelle, bien au contraire (Cf.
l'étude biomécanique). Ne pas confondre entre l'espace d'action qui est
une mesure du temps et la forme gestuelle qui est une indication
cinématique. Les deux formes d'anticipations (perceptive et motrice)
épurent la forme gestuelle de la frappe à sa plus simple et sa plus
efficace expression. La technique n'est pas quelque chose de figée, elle
est changeante en fonction de la dimension temporelle. Il s'agit de
mettre en évidence l'importance de l'action, l'influence des kinesthèses
personnelles sur l'amélioration de la qualité perceptive du joueur.
L'analyse des différentes composantes techniques du squash débouche sur
des modifications perceptives, analyse qui s'accomplit en fonction
justement de l'intention de l'action. Sur le pôle perceptif, une
attention sélective est portée sur les indices pertinents qui sont : la
probabilité d'occurrence dépendante de la qualité de la frappe du joueur
et les critères visuels portés sur la gestuelle signifiante de
l'adversaire, le fait de reconnaître des kinesthèses. |
Toutes ces analyses se font à partir des
expériences vécues, ce n'est pas la quantité des situations qui compte
mais la qualité de l'intention attribuée à l'expérience vécue. Le temps
passé dans l'expression qualitative est là encore une dimension
essentielle dans l'évolution de la gestion du squash. Comment les
améliorations de l'action, sous leurs différentes modalités, vont
permettre une meilleure perception et par conséquence de mieux gérer
l'espace temporel de la frappe qui comme nous l'avons dit diminue au fur
et à mesure que le niveau du jeu s'élève ? Comment l'action mentale
contribue à la structuration fonctionnelle de l'expérience
personnellement vécue dans des espaces temporels de plus en plus
restreints ?
Dans la formation du joueur, seules sont à prendre en compte les
activité mentales qui comportent la dimension d'intentionnalité
dont la détermination joue un rôle primordial dans son déploiement.
Cette dimension d'intentionnalité implique que la cible à atteindre
fasse l'objet d'une attention qui a un sens pour le joueur. C'est le but
de l'action qui organise la perception et non l'inverse. L'anticipation
découle de l'expérience vécue dans le vécu de l'expérimentation de
l'anticipation.
"Il n'y a pour le joueur, d'actes mentaux,
que dans les vécus intentionnels".
Le joueur expert ne voit pas que ce qui est apparent dans la gestuelle.
Il lit par anticipation, tout ce qui est à l'intérieur de la gestuelle,
c'est-à-dire le transparent. La perception ne consiste donc pas
uniquement en ce qui est apparent (image de formes et formes des
images), mais elle consiste en une anticipation constamment renouvelée
du transparent. L'anticipation est le fruit du caractère projectif de la
perception que le joueur élabore dans des projets à partir de modules
fonctionnels construits par expérimentation et qui s'expriment au
travers des expériences vécues. Donc nous en déduisons que l'expérience
vécue ne peut être qu'individuelle. L'intelligence du joueur, c'est
précisément le fait de sortir d'un vécu pour entrer dans un autre, et
ainsi de suite. C'est une interprétation cognitive qui consiste à
ramener l'imprévu au prévu, l'inconnu au connu. L'uniformisation de
l'enseignement est une interprétation entachée d'un réductionnisme
mental. Cette expression n'apparaît pas comme une entrave à la plupart
des enseignants tout simplement parce qu'ils sont pris dans ce
réductionnisme mental justement qui est l'uniformisation.
L'expérience vécue d'enseignant doit être structurée dans sa
fonctionnalité d'enseignant ouverte à tous les apports expérimentaux.
L'expérience vécue de l'enseignant n'a rien à voir avec l'expérience
vécue du joueur, ce sont deux expériences complètement différentes.
Comprendre pour le joueur c'est de passer de la diversité à l'unicité
(créer la différence qui fait la différence). Comprendre pour
l'enseignant, c'est de créer une multitude d'unicités, de passer du
monomorphisme au polymorphisme, de l'uniformisation à la
diversification, faire de chaque joueur un individu différent. C'est une
autre dimension didactique, c'est ce qui permet d'avoir un autre point
de vue, de s'ouvrir à d'autres points de vue et d'éviter les dogmes
empiriques. Il n'y a plus aujourd'hui de raison d'entretenir le dogme de
l'uniformisation (cf. article : la planification technique). Les
expériences vécues sont des constituants pour de nouvelles expériences à
vivre en fonction de nouvelles visées, de nouvelles orientations qui
dépendent de l'intention et des projets poursuivis. Rester dans la même
expérience, c'est rester dans la même image, dans les mêmes
représentations mentales, cela veut dire ne plus avancer vers de
nouvelles expériences vécues. C'est être dépassé en peu de temps. Courir
après les kinesthèses des autres, c'est être en dehors de l'expérience
vécue.
Les anticipations motrices permettent justement d'épurer les kinesthèses,
de les personnalisées, elles se traduisent donc par des synchronisations
(parties techniques qui se font en même temps), des associations, des
superpositions, des dissociations, des coordinations. Toutes ces
kinesthèses sont quelque chose de très important dans la construction du
joueur, elles se traduisent par la création des modules fonctionnels qui
associent les neurones perceptifs aux neurones moteurs. Ce sont des
modules perceptivo-moteurs dans une fonctionnalité précise et
individuelle. La construction de ces modules fonctionnels est assujettie
à l'orientation intentionnelle des capacités motrices de chaque joueur,
elle détermine une efficience de plus en plus élevée de la perception.
L'importance des modules fonctionnels vient des objectifs qu'on leur
attribue, c'est-à-dire : améliorer les liaisons entre l'action adverse
et l'anticipation perceptive du joueur et la liaison entre les
mécanismes décisionnels du joueur et ses anticipations motrices. Ainsi
ce gain de temps dans le traitement cérébral a une incidence positive
qui est de ne pas dénaturer l'espace temporel de l'action de frappe.
L'expérience vécue, c'est se donner des référents verbaux, des mots
particuliers spécifiques à l'activité qui permettent de construire le
droit d'accès à un dictionnaire spécifique (verbal, visuel,
kinesthésique). Je dirai même plus, c'est se donner le droit d'exprimer
concrètement un certain langage culturel porteur de sens à partir d'un
dictionnaire porteurs de propriétés de façon à être plus précis dans le
langage et à élever le niveau de la réflexion et des échanges. Le squash
à l'instar du joueur de haut niveau a besoin d'élever la qualité de ses
perceptions et les moyens de ses échanges.
Il nous faut faire l'effort de comprendre. Comprendre c'est prendre en
soi les arguments, c'est se documenter, s'informer et se donner les
outils de la compréhension pour se former. Comme la perception dépend de
l'action et comme tout le monde n'agit pas de la même façon, les joueurs
perçoivent donc différemment, ceci en fonction de leurs expériences
vécues. Il en est de même pour l'entraîneur qui doit agir, se donner les
moyens verbaux théoriques et les moyens concrets de percevoir de mieux
en mieux le squash. La perception du joueur comme celle de l'entraîneur
se développe à travers la carrière, elle est donc ontologique. La
richesse des différents modes d'expression a une incidence positive sur
les expériences vécues. Le sens est ce vers quoi s'oriente l'intention.
Toute expérience qui présentera un but a visée intentionnelle, prendra
du sens. Prendre du sens et donner du sens, la relation est réversible.
Les difficultés dans l'évolution du joueur, proviennent souvent de la
méconnaissance qu'il peut avoir de son fonctionnement et des
conséquences de ses propres actions. La démarche expérimentale est un
excellent moyen pour palier à cette méconnaissance. Dans l'évolution
vers l'autoévaluation, les représentations mentales développent la
subjectivité dans la construction de l'objectivité.
Dans la préparation du sportif de haut niveau, l'action devient
première, toute programmation des séances d'entraînement devrait partir
de l'action, de la mise en fonction, de la fonctionnalité recherchée, de
telle sorte que la programmation envisagée définisse le sens attendu et
qu'elle module l'activité du joueur par l'attention à porter à
l'efficacité de l'action.
Je veux dire par là, conjoindre, mettre en association l'image et
l'action : "l'imagin'action".
L'imagination devient pour le joueur la faculté de mettre en image
l'action.
Les représentations mentales visuelles sont intéressantes à condition
qu'elles s'inscrivent dans le vécu de l'action, dans une fonctionnalité
spéciale et précise.
La disjonction de la préparation en diverses parties bien distinctes
(technique, physique, psychologique) est un véritable obstacle pour le
joueur de haut niveau à la compréhension des fonctions cérébrales et de
leurs interactions. Cette division purement obsolète conduit à une
cécité souvent dramatique en supprimant l'unicité systémique de
l'organisme.
Il faudrait établir dans notre monde, une véritable philosophie de
l'expérience et de l'expérimentation (la démarche expérimentale avec ses
règles et ses lois reconnues au niveau international). Chaque joueur se
développerait ainsi en fonction de son expérience vécue à partir d'une
situation expérimentale. La démarche expérimentale est quelque chose de
bien précis qui prend en compte les études expérimentales antérieures
(recueil de données bibliographiques des publications) et qui les
alimente par de nouvelles études validées et publiées dans les revues
officielles scientifiques. |
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LE SEMAINE PROCHAINE...
DEUXIÈME PARTIE DE L'EXPÉRIENCE VÉCUE |
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