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SQUASH ET MÉDIAS
Dur dur de faire parler de soi quand on appartient à la famille des sports
dits « petits sports ».
Le squash en sait quelque chose.
Alors que faire pour changer ce constat ? Agir. Enfoncer les portes et ne
pas se plaindre en permanence sans proposer de solutions.
Le squash la bien compris.
Anecdote.
Après trois années à la rubrique foot de LEquipe, je venais de
débarquer à ce que lon appelle chez nous le « groupe olympique », entité
chargée de suivre lessentiel des disciplines olympiques.
Un jour, mon téléphone sonne. « Allo, bonjour, je suis
Bertrand
Bonnefoy, DTN du squash, et je tenais à vous informer que nous disputons
actuellement les Championnats du monde par équipes à Melbourne. »
Le squash de haut niveau, jen avais vaguement entendu parler mais sans
trop savoir à quoi cela ressemblait. La démarche du DTN mavait néanmoins
convaincu dessayer de trouver un peu de place pour donner les résultats
de cette équipe qui entamait alors son ascension vers les sommets. La
machine était en route.
Prompt à menthousiasmer pour toutes les disciplines qui véhiculent encore
les « vraies » valeurs du sport, jai alors décidé de suivre le squash,
discipline qui nest pourtant pas olympique.
Linitiative de Bertrand Bonnefoy est à souligner. Beaucoup de
responsables de sport se plaignent en effet de ne pas avoir de retombées
médiatiques. Mais que font-ils pour en avoir ? Le plus souvent rien ! Ce
coup de fil passé de lautre bout du monde a incontestablement amorcé le
processus.
En sétant dotée dune structure de communication avec la charmante et
efficace Pauline Filet, la Fédération française sest ensuite donné les
moyens de sortir dun anonymat où de nombreux autres sports restent
englués.
Aujourdhui, sans une réelle politique de communication, les petits sports
nont aucune chance de survivre médiatiquement. Lespace est cher (je ne
parle pas bien évidemment dargent). La pagination nétant pas extensible
à linfini, et lespace réservé au foot et aux autres sports majeurs
(tennis, rugby, basket, cyclisme, sports automobile) étant quasi
incompressible, la bataille est rude pour survivre dans les médias.
Sachant que plus de 80% des ventes dun journal comme LEquipe sont
motivées par le foot, la présence de sports comme le squash ou le
badminton, le triathlon, le tennis de table
nest en aucun cas un facteur
daugmentation des ventes. Or LEquipe, comme tous les autres
journaux dailleurs, nappartient pas au service public. La rentabilité
est bien évidemment essentielle.
Le squash français a heureusement bénéficié de larrivée dune génération
dorée. Lavènement de Thierry Lincou et son accession à la place de n°1
mondial en début dannée 2004 a permis de faire ressortir le toujours
efficace esprit de fierté nationale, le fameux « effet cocorico ». Ses
performances, ainsi que celles de léquipe de France, vice-championne du
monde et multiple vice-championne dEurope, ont permis de braquer les
projecteurs sur le squash.
Grâce à ces résultats, le squash bénéficie aujourdhui dune présence bien
supérieure par exemple à celle du badminton, qui compte pourtant 100 000
licenciés et qui appartient à la famille olympique.
Le numéro du 21 décembre 2003 de LEquipe restera « historique »
avec sans doute le premier appel à la Une squash suite à la place de n°1
de Thierry Lincou.
Cette période sera également marquée par plusieurs « gros » articles
consacrés au squash. Ma hiérarchie accroche dailleurs plutôt bien à la
discipline.
Aujourdhui, le nom de Thierry Lincou ne lui est plus inconnu. Jai ainsi
reçu lautorisation de me déplacer à Rennes sur le Championnat dEurope.
Un envoyé spécial de LEquipe sur une compétition de squash, il y
avait longtemps que cela nétait plus arrivé.
Bien évidemment, il ny a pas de quoi non plus senflammer. Lentrée
possible du squash au programme olympique (ne rêvons pas trop tout de
même), aurait à coup sûr un effet accélérateur. Les résultats des Lincou,
Gaultier et autres Lavigne, Stoehr restent néanmoins la clé dune
meilleure médiatisation.
Alors allez les Bleus ! ! !
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