Sandy Bell

 

Accueil
Tournois
Articles
Archives
Mémoire Squash
Calendrier
Stages
Photos
Joueurs
Classement
Liens
France/équipes
F.F.Squash
Parlons-En
Infos Utiles
Ligues/Clubs

Contactez-nous
Des Sous !!!

    
 


Site International

     
Que sont-ils devenus... ?
Alexander Bell                       
par Patrick Noirot
Depuis quelques temps déjà, j’avais envie d’alimenter une rubrique « Que sont-ils devenus ? » et je me suis dit pourquoi pas Alexander Bell, plus connu sous le nom de Sandy ?

Sandy, c’est quelqu’un que je connaissais peu, mais qui m’émerveille à chaque fois que j’ai le privilège de le voir évoluer sur un court.

On s’est donc mis d’accord pour un rendez-vous au Bad’s, et j’ai préparé des questions, plein de questions.

J’ai posé la première, et, au bout de 2 heures, on n’était toujours pas passé à la seconde.

Sandy s’est donné à fond, comme toujours, dans tout ce qu’il fait !

Mais comment fait-il ? Passionnant !

Quand vous aurez fini de lire cet article, vous aurez appris plein de chose sur l’homme, sur le joueur, sur l’artiste !

Vous aurez l’impression d’avoir déjà progressé, et ce sera sans doute vrai !

Un vrai régal !

Prenez autant de plaisir à lire cette interview que celui que j’ai eu à écouter Sandy.
                                                  
Patrick Noirot


  
SOMMAIRE
 
Le Début
Les Années Pro
Sport d’équipe
Le mannequinât
La Reconversion
Pour conclure

Sandy parle de Thierry
L’avenir du Squash

Ils nous parlent
de Sandy...

Paul Sciberras
Franck Carlino
Thierry Lincou

LE DÉBUT
Sandy, raconte nous tes débuts !

Mes parents jouaient au Squash dans un club situé sur le toit de la Part-Dieu, à côté des cinémas. C’était marrant, en passant, de l’extérieur, on voyait les joueurs.

J’ai commencé vers 7/8 ans. Mon père m’avait fabriqué une petite raquette.

Et ensuite ?

Ensuite, j’ai joué au Squash Club de Lyon, rue d’Essling. Je jouais le week-end avec mon père. On s’est rendu compte que je n’étais pas trop mauvais. Alors, pourquoi ne pas tenter les championnats de France, les premiers, vers 10 ans. J’ai perdu en quarts contre Renan Lavigne.

À 11 ans, je suis sélectionné en équipe de France, c’est la première fois, pour une triangulaire Belgique / France / Suisse.




Et chez les minimes, tu te distingues ?

En 1990, je suis champion de France des moins de 14 ans. C’est à ce moment que je commence à bien marcher. Dans le tableau, il y avait des joueurs comme Laurent Elriani, Sohail Khan, Stéphane Galifi. Je gagne 3/0 en finale contre Sohail.

Cette même année, je gagne l’Open de Belgique contre Lars Harms (actuel 72 mondial) en ne concédant qu’un point. D’ailleurs, on en rigole toujours tous les deux ! Mais l’évènement passe inaperçu, et pourtant, j’étais le premier français, il me semble, à gagner ce tournoi, qui est le deuxième plus important pour les jeunes, après le British Open. Je crois que même Bonnetat ne l’a pas gagné !

Mon premier British Open devait avoir lieu début janvier 1991. Je reçois les tableaux chez moi, en décembre. Et je ne suis pas inscrit. Pour un problème administratif, je suis inscrit en -16 au lieu de -14 !

A l’époque, je suis considéré comme le N°3 mondial dans ma catégorie derrière Ahmed Barada et Marcus Cowie. Barada on sait ce qu’il est devenu par la suite ! Ce qui était embêtant c’est que je devais être tête de série chez les -14, et pour des raisons évidentes je n’ai pas pu être réintégré dans le tableau pour ne pas le déséquilibrer. J’aurai vraiment aimé pouvoir confirmer ma position pendant le BO.

Du coup j’y vais quand même et je joue en -16, je rencontre une tête de série au premier tour et je quitte prématurément le tournoi.

Ca été pour moi un grand coup derrière la tête, une très grosse déception.

À partir de ce moment, je me pose des questions sur la place du squash dans ma vie. J’ai une véritable prise de conscience que les études doivent être prioritaire sur le reste. On peut si facilement passer à côté de quelque chose pour presque rien! Ça m’a paru trop aléatoire !


Une belle brochette de champions !
Isabelle Stoehr, Laurent Elriani, Sandy Bell, Jean-Michel Arcucci, Renan Lavigne et Thierry Lincou

LES ANNÉES PRO
Parle-nous de ta collaboration avec Franck Carlino et Paul Sciberras ?

Et bien, elle a tout d abord commencé avec Franck il y a une dizaine d’années maintenant. J’avais 18 ans, je venais d’avoir mon Bac et je débutais mes études dans une grande école d’ingénieur : l’INSA de Lyon. Franck venait alors d’emménager sur Lyon. Il a accepté dans un premier temps de me donner un coup de main.

Il faut dire que j’en avais sérieusement besoin car j’ai pratiquement toujours évolué seul, ou avec l’aide de mon père. Ce premier contact a été tout de suite payant et ensuite il m’a donné plus qu’un coup de main puisqu’il me suivait beaucoup plus régulièrement. Petit à petit il m’a mis en relation avec Paul. J’avais hâte de le rencontrer ce Paul ! Thierry (Lincou) m’en parlait si souvent. Ce personnage était une énigme pour moi, je le voyais en magicien avec sa baguette magique.

Et finalement, la représentation mentale (pour reprendre un de ses termes favoris) que je m’en étais fait était bonne ! Paul c’est le Merlin du squash (et pas que du squash d’ailleurs, allez lire ses autres livres….) ! C’est un personnage fascinant à tous les points de vue.

Pour faire court, Paul c’est avant tout quelqu’un qui a une ouverture sur le monde assez incroyable. Il est resté très jeune dans son corps et dans sa tête (à mon avis ça doit être une de ses formules !) et surtout il a une capacité d’adaptation impressionnante ! Cette facilité d’adaptation se ressent dans ses entraînements car il innove régulièrement et il est très sensible aux évolutions du jeu. Il est toujours dans l’action et jamais dans la réaction. Comme il dit si bien, il faut constamment innover et chasser les habitudes sinon on régresse.

Donc, autant vous dire que ses principes me plaisaient bien, moi qui ne tiens jamais en place ! Sur un court, il est très exigeant sur la qualité et l’implication du joueur à l’entraînement. Vingt minutes avec lui peuvent suffire pour vous exténuer. Ses programmes sont très précis, très personnalisés et peuvent être très bien adaptés si vous faites des études. Comme quoi quand on recherche la qualité tout est possible, pas besoin de passer des heures sur le court, les méthodes d’entraînement préhistoriques sont révolues !

Quel a été le fruit de cette collaboration ?

Tout d’abord une plus grande régularité dans mes résultats. J’arrivais alors à confirmer mes belles performances. Par le passé, je n’y arrivais pas toujours. Avec Franck, on a beaucoup travaillé sur cette régularité aux cours de nos séances. Et puis le programme de Paul m’a permis de développer ma technique mais surtout mon physique et ma régularité combative.

J’ai alors gagné les qualifications pour les championnats de France 1ère série. J’étais très satisfait d’autant plus que j’étais blessé. Puis j’ai franchi un palier, je suis rentré dans le top 8 français. J’ai confirmé et ensuite je suis rentré dans le top 100 mondial, ce que je voulais !

Et tu en es resté là. Pourquoi ?

Et bien j’aurais dû en fait me retrouver autour de la place de 65ème mondial un mois après mon accession dans le top 100. Mes résultats étaient alors très réguliers. Je devais participer à l’open du Qatar, et rien que le fait d’y participer faisait exploser ma moyenne, il était particulièrement faible cette année là. J’ai décidé au dernier moment de ne pas y aller car entre l’inscription au tournoi et le tournoi il y a eu le 11 Septembre. On ne savait rien de ce qui allait se passer. Les américains voulaient attaquer l’Afghanistan depuis le Qatar justement. Pour des raisons de sécurité, j’ai décidé de ne pas y aller. Le squash ce n’était ni ma profession ni mon gagne pain, je n’avais aucune raison de prendre un risque. Mais de toute façon cette 65ème place je ne la méritais pas encore. C’était trop tôt !

Après cet événement, mes études à l’INSA m’imposaient de rester plus systématiquement à Lyon car on avait beaucoup de projets en groupes. Je n’avais plus le temps de faire les tournois français non plus. De toute façon j’ai toujours estimé que l’important c’était les PSA. Quand le temps nous est compté on se concentre sur le principal. C’est normal non ? Et bien il faut croire que non puisqu’on me l’a beaucoup reproché, soit disant parce que j’avais peur de me confronter aux français et que je préférais partir dans des PSA dans des zones tropicales. Mais je n’avais pas le choix, je ne bénéficiais pas des tournois « closed »ou « satellite » français à cette époque qui vous permettaient de décoller du bas du classement PSA.

En plus de ça, qu’est ce que j’en avais à faire du classement français ? Excuse- moi, là je suis un peu en colère parce qu’au final ces histoires ont réussi à engendrer une situation de déplaisir. En même temps, je perds un très gros sponsor financier à cause du 11 septembre. C’était alors le début de la fin. Je le sentais. J’ai alors décidé d’arrêter ma collaboration avec Paul et Franck car je ne voulais surtout pas qu’ils perdent leur temps et puis je sentais qu’il fallait que je prenne le virage seul.

Après, j’ai bien essayé de me relancer en PSA sur quelques tournois pour lesquels j’avais réussi à me libérer. Je n’étais pas loin de le faire au Canada. J’étais bien physiquement. Mentalement j’étais pour une fois très libéré, je jouais très bien, peut être mon meilleur squash et j’avais rassemblé dans ma tête toutes les informations transmises par Paul et Franck. En quarts de finale j’étais en train de « voler » contre le futur gagnant du tournoi mais ma jambe a lâché. À partir de ce moment là je me suis dit qu’il fallait que je commence vraiment à arrêter petit à petit.

Qu’en est-il aujourd’hui, et regrettes-tu d’avoir écourté ta collaboration avec Paul et Franck ?

Aujourd’hui, je joue encore bien évidemment mais je n’ai pas repris ma licence PSA pour 2005. Ca y est j’ai pris ma retraite du circuit. J’avais espéré jouer mon dernier gros tournoi à Hong Kong l’été dernier, mais malheureusement à une place près je ne suis pas rentré. Même les joueurs qui font généralement faux bond au dernier moment sont venus ! Tant pis, j’étais de toute façon sur place pour mon contrat de mannequinât et ça m’a fait plaisir de revoir tous mes potes, ET bien sûr la victoire de Thierry !

Mon prochain objectif ? Le British Open vétéran dans quelques années….(rires…)

En ce qui concerne Paul et Franck, je regrette d’avoir arrêté si tôt, certes, mais je suis plutôt frustré de ne pas les avoir rencontré quand j’étais jeune. Vraiment ! Alors peut être que c’est dommage, que c’est du gâchis de ne pas avoir continué mais ce qu’il faut comprendre c’est que pour moi le squash était une expérience de passage, je l’avais très vite compris et mon chemin était tracé déjà depuis longtemps ! C’est dommage, je partageais les mêmes idées et la même philosophie qu’eux, j’y étais très bien ! Encore une fois un grand MERCI à eux deux…

Pour finir, j’aimerais remercier Franck, encore une fois, pour avoir aussi orienté ma carrière professionnelle parce que l’idée de l’INSA et du MBA à l’EM Lyon c’est à lui que je la doit. Alors encore MERCI !

Comment as-tu réussi à concilier sport et études de haut niveau?

Si je te le disais je ferais rugir les directeurs d ‘écoles et d’université !

Non, même si c’est un peu vrai, c’est une question de gestion d’énergie. En fait, on dispose d’un grand réservoir d’énergie donné et il faut répartir celle-ci dans deux autres petits réservoirs « squash » et « études ». Le principe est de trouver la combinaison de distribution qui permettra d’optimiser votre performance dans les objectifs que vous vous êtes fixés au squash et dans les études. On trouve cette combinaison avec le temps et l’expérimentation car on est constamment obligés de réajuster le volume que l'on met dans les réservoirs.

Ensuite, le but est, surtout, de travailler de façon qualitative pour ne pas avoir à piquer inutilement et en vain dans le réservoir d’à côté ! Il ne faut pas tricher ! Et puis finalement, il faut vérifier les vannes des réservoirs très souvent car certaines personnes peuvent essayer de les actionner soit en amont pour vous diriger vers un réservoir plutôt que l’autre soit en aval pour vider vos réservoirs d’énergie. Enfin, il faut agir un peu comme un chef d’entreprise : calculer la rentabilité de chacune de vos actions !

Cela peut paraître simple mais c’est en fait très complexe. Il ne faut pas considérer d’un côté le squash et de l’autre les études… c’est plus compliqué que cela. Les deux activités sont fortement dépendantes. C’est plutôt une approche systémique qu’il faut privilégier avec le reste des sous systèmes (vie privée, affective…).
 



 

 

 



 


Thierry nous parle de Sandy

 

 

 


Et puis c'est Franck...

 

 

 


Et pour finir, Paul...

 

   

Le squash, c’est aussi un sport d’équipe !
  



Les rencontres par équipes, ça a beaucoup compté dans ta carrière ?

Oui, et ça continue.

Ca a commencé chez les -16. Avec Isabelle Stoehr et Cédric Coant, on était les premiers à partir pour les championnats d’Europe Junior, en Allemagne. On perd contre l’Allemagne en finale. C’était une belle performance pour l’époque !!!

Et puis ?

On est Vice-champion du monde universitaire par équipe à Maastricht en 1996

En 2000, avec Thierry, Romain et Isabelle, on est champion du monde universitaire. C’était à Pilzen, en république Tchèque. On a tout gagné ! C’est pour moi un titre symbolique de mon parcours.

En 1999, tu intègres l’équipe de France pour les championnats d’Europe à Linz, en Autriche ! Quels souvenirs gardes-tu de ces championnats ?

J’en garde un souvenir mitigé. J’étais très touché et fier de pouvoir représenter mon pays chez les grands ! On commençait à être bon, mais on n’avait pas encore les armes d’aujourd’hui. On était tous encore en construction. On termine 5ème. On a quand même passé de sacrés bons moments, regardez donc ma tenue ridicule sur la photo, c’était mon bizutage. Merci les mecs !

Et dans le championnat de France ?

J’ai 15 ans quand je commence à jouer en Équipes avec Nîmes. Je joue alors en N2 puis en N1. C’est là que j’ai rencontré John Catlow qui m’a fait vraiment aimer le squash ! Thanks John !
Plus tard, avec Rouen, j’ai été deux fois champion de France puis vice-champion d’Europe de clubs. Je garde un très bon souvenir des championnats d’Europe des clubs champions. Je crois que j’ai surpris certaines personnes. Je pense qu’ils ne m’attendaient pas à ce niveau là. C’était des grands moments !
Actuellement, je joue toujours en Équipes avec Bron et ça me fait toujours plaisir de gagner pour une équipe.
Le mannequinât, une carrière parallèle !
Comment es-tu venu au mannequinât ?

Lorsque j’avais 17 ans, on m’avait proposé de faire des photos. J’avais refusé à l’époque jugeant que j’avais d’autres priorités et qu’il me fallait plus de maturité avant de rentrer dans ce milieu.

Mais l’idée m’a poursuivie. Un jour j’étais dans un aéroport, je sortais d’un vol galère après un PSA, et une personne m’a dit en passant : « vous faîtes quoi dans la vie ? En tous cas vous devriez être mannequin ! ». Je me suis dit, ça y est c’est peut être le moment.

Beaucoup de gens se demande : qu’est ce qu’il fout là dedans ? Mais en fait, c’est très simple. Ca fait maintenant 5 ans que je m’y suis mis. Au début, ça m’a permis de payer mes PSA ! Et puis petit à petit, j’ai gravi les échelons. Maintenant je voyage beaucoup (et oui les PSA ne m’ont pas suffit ! rires...) J’ai passé 6 mois en Asie l’année dernière avec des expériences diverses. Mais on ne peut pas gagner à tous les coups !

Comment compares-tu le milieu de la mode et le squash ??

Le mannequinât est un milieu bien plus complexe que celui du squash. Attention, je n’ai pas dis plus dur mais plus complexe. C’est un milieu en pleine mutation. Il n’y a aucune logique, vous vivez dans un monde d’incertitude totale et c est un milieu qui peut vraiment vous faire du mal !

Maintenant, il s’agit d’une superbe expérience. Moi, j’ai l’habitude d’être rationnel et bien là j’ai du apprendre à m’adapter à ce monde bien virtuel ! J’ai pu aussi rééquilibrer ma personnalité. J’ai appris à être un peu plus extraverti et à être plus flexible. Et puis évidemment, vous apprenez à contrôler votre image. Tout ça me servira dans le futur j’en suis sûr. Sinon, le mode de vie est un peu identique (voyages, forme physique, diététique…) si on prend les choses sérieusement bien sûr !

Cette activité est importante à mes yeux car elle me permet d’assurer en douceur la transition entre le sport de haut niveau et la réalité du monde du travail. Et même si de travailler pour des grandes maisons de couture ou de croiser Giorgio Armani, ça fait rêver et c’est assez excitant, l’objectif ultime est quand même de me payer mon MBA !!


 

LA RECONVERSION
  Que fais-tu en ce moment ?

Et bien je me suis pris une année de transition c’est à dire que je quitte en douceur le squash et les PSA pour ne rien avoir à regretter d’une part, et puis pour me préparer à mon autre carrière : ma carrière professionnelle. Je débute mon MBA en septembre et j’essaie de me familiariser avec le milieu des affaires.

Au fait c’est quoi exactement un MBA ?

Et bien c’est l’équivalent d’un troisième cycle. On rentre sur concours, dossier individuel et entretien individuel. C’est le diplôme le plus qualifiant qui existe dans le domaine du management. Généralement, il sert à former les futurs directeurs généraux de demain. À voir si ça sera le cas pour moi…

Donc quelles sont tes ambitions professionnelles ?

Et bien, une fois sorti du MBA (si tout se passe bien), je vais postuler pour les grands cabinets de conseil parisien. Je pense que ma double compétence ingénieur/MBA et ma carrière de sportif de haut niveau sera un très bon atout. Après quelques années, j’aurai envie de me diriger vers les postes importants des grands groupes de luxe comme LVMH, PPR, L’Oréal….Et là je ferais aussi intervenir mon passé de mannequin international. Ca peut faire la différence dans des secteurs comme celui-là. Mais ça c’est un peu loin bien que j’y pense beaucoup !

À quoi ressemble une journée type ?

Le problème, c’est que je n’ai pas de journée type ! Si je suis à Lyon, et bien je me lève tard, et je vais tout d’abord acheter le journal « Les Echos » pour me plonger dans le monde de l’entreprise. Ensuite, j’essai d’aller faire du sport, squash ou musculation, ça dépend des périodes. Puis je me remets à la lecture. Je lis tous les mois un « pavé » différent sur les matières de base que j’aurais à partir de septembre. Je finis la journée par du travail sur un tout nouveau projet. Je peux me coucher à 4h du matin !

Maintenant, si je suis à Paris ou à l’étranger, il n’y a pas d’organisation précise, c’est du minute par minute.

Tu nous parles d’un tout nouveau projet, de quoi s’agit-il ?

C’est encore classé secret défense bien que ça commence à se savoir un peu. Je suis en train de finaliser le tout. Je pourrais vous en parler dans quelques...heures si vous voulez!
Pour conclure
Tu as fait le tour du monde ou presque pour participer à des tournois. Aujourd’hui, ça ne te manque pas ?

Non, car j’en ai un peu marre d’être dans les avions et dans les hôtels. Pour ma carrière de mannequin, je continue à voyager, mais ça devient fatiguant. En disant ça, je ne veux surtout pas faire la fine bouche ou l’enfant gâté. Il y a plein de gens qui rêveraient de voyager. C’est une chance unique, il n y a rien de mieux que les voyages. Ils ouvrent la porte à la tolérance. Mais à l’excès, c’est différent. Je n’ai pas pu profiter de certaines choses dans ma jeunesse. Maintenant, je peux profiter plus de ma famille, de mes amis, de mon « chez moi ». Je suis retombé dans une vie plus « normale ».

Même si tout cela a été très enrichissant et génial et que ça m’a apporté plein de trucs, au bout d’un moment, ça commence à être dur. Par contre mes amis du circuit PSA me manquent. Oui, là je suis un peu nostalgique !

Des regrets ??

Non ! J’ai essayé de me tracer un chemin précis depuis plus de dix ans maintenant pour justement ne rien avoir à regretter. De mon entrée dans le top 100 mondial en passant par mon diplôme d’ingénieur et jusqu'à prochainement mon MBA tout était prévu. Je n’ai pas dévié, je touche du bois ! Certaines personnes trouvent dommage que je n’ai pas persévéré dans le squash et trouvent que c’est du gâchis. Mais moi j’ai pris ma décision depuis longtemps. Je suis content d’être arrivé à mon niveau.
Le mannequinât ? C’était une option. J’ai décidé de la prendre. Oui, je ne voulais pas regretter. Par contre, autant je ne regrette rien, autant j’aurais aimé avoir une seconde vie, non pas pour refaire en mieux celle-ci mais pour faire complètement autre chose ! Je suis un éternel insatisfait et j’ai une légère tendance à l’hyperactivité (rires…)

Souhaites-tu rajouter quelque chose ?

Oui, je tiens avant tout à faire des remerciements. Je ne veux pas faire une liste digne des oscars, ma carrière n’est pas à la hauteur de cet événement, mais il y a bien des personnes qui ont fait que j’ai eu un joli parcours. Donc je tiens à remercier ma famille et mes proches pour leur soutien, leur investissement et leur patience. Les clubs qui m’ont permis de m’entraîner dans les bonnes conditions (squash club de Lyon, Lugdunum, Set squash Marseille, le Bad’s, Bron et d’autres…), la fédération française de squash, la PSA. Mes sponsors particuliers et surtout « La Boîte à sons » (merci beaucoup Robert). Les structures qui m’ont accueillies (Ombrosa, l’INSA et bientôt L’EM Lyon), mes deux « vrais » entraîneurs Paul et Franck et puis mes partenaires d’entraînement lyonnais (Jean Marc Perrot, Fred Lombardi, José Santana, Loïck Figliolini…) et tous les autres que j’ai oublié. Du fond du cœur merci ! A bientôt et bonne route à vous…..
 
 
SANDY SUR THIERRY   
Parle-nous de ton entente avec Thierry….

Je vais essayer de faire court. Pour moi, Thierry c’est « la crème de la crème » et ce à tous les niveaux. Comment ne pas s ‘entendre avec lui? Je dirais simplement que nous nous ressemblons beaucoup au niveau du caractère et nous avons un peu la même philosophie. Par contre, lui est encore plus calme ! Moi je suis plus agité (rires….). Au niveau du jeu, lui c est un rouleau compresseur moi je suis plutôt un rouleau « dépresseur » !!!

Ah oui, c'est à dire ?

C’est à dire que moi j’essaie de finir le point rapidement et d’être tranchant tout de suite. Ca m’a d’ailleurs valu le titre de « champion du monde des frappes courtes » attribué par Monsieur Renan Lavigne. Je suis fier de ce titre ! Et puis « dépresseur » parce que compare mon niveau au sien et tu comprendras !
Pour finir, je regrette qu’on ne se voit plus trop souvent, on est tous les deux très occupés. Mais on réussit à se croiser de temps en temps pour se boire un coca light (avec des glaçons !) et se regarder un dvd, comme au bon vieux temps !


Message personnel de Sandy à Thierry:
"Well done Martin the c…, just continue, I am very proud of you!

Que t’inspire la victoire de Titi aux derniers championnats du monde et sa place de N°1 mondial ?

Elle m’inspire un profond respect. Que de mieux que d’être le « Dieu » de sa discipline ! Mais en même temps elle ne m’étonne pas, bien que je me suis toujours dit qu’il n’accèderait à cette place que s’il travaillait sur ses attaques vers l’avant du court. C’est maintenant un domaine dans lequel il a progressé. (Ca fait bizarre d’utiliser le terme « progresser » pour un champion du Monde !). A part ça, Thierry est un modèle de régularité d’où sont rang de numéro un mondial. Pour m’être entraîné pendant un bon moment avec lui, il faut se lever de bonne heure avant d’afficher tous les jours la même détermination et qualité à l’entraînement ! Moi, je n’arrivais pas à suivre !
Penses-tu qu’il y ait eu un déclic chez lui ?

J’étais avec Thierry au mois d’août pendant le dernier Hong-Kong Open qu’il a remporté. J’ai eu le plaisir de le coacher pendant la finale ! Non c’est une blague ! Thierry, il n’a pas besoin de moi. Et surtout, il n’a pas besoin des conseils d’un joueur sur le déclin et mannequin écervelé ! (rires…) Mais, à l’autre bout du monde, ça fait quand même du bien de voir un pote qui te soutien, d’avoir quelqu’un à tes côtés entre les jeux.
J’ai pu voir pendant la semaine qu’il avait franchit un cap. Il se posait moins de questions, il était encore plus concentré que d’habitude. La stratégie qu’il avait mise en place, il l’a appliquée du début jusqu’à la fin, il n’a pas dévié de cette stratégie. Il allait aussi plus vite que les autres. Techniquement c’est son rapport vitesse/précision qui a fait la différence. Et qu’est ce que ses balles étaient « tight » (collées au mur) !!!

Pour répondre à ta question, oui j’ai senti le déclic !
L’avenir du Squash
Comment vois-tu l’avenir du squash en France ?

Malheureusement j’ai peur qu’il n’y ait un trou après la génération Lincou. Depuis environ 6/7 ans, personne ne pousse à la porte de l’équipe de France et ça c’est assez inquiétant ! Par contre, je suis sûr que la génération des Matthieu Castagnet et plus tard des Grégoire Marche va faire mal ! En tous cas, je l’espère très sincèrement. Ces joueurs là, il faut les bichonner, en prendre soin. Ils auront peut être l’occasion de participer aux JO. Il ne faut pas se louper ! Alors, tout le monde, foutez-leur la paix et laissez-les travailler sereinement !

Chez les filles j’ai également pu apercevoir des joueuses qui pourront évoluer aux côtés de « crevette » (Isabelle Stoehr). Malheureusement je ne les connais pas toutes mais certaines comme Célia Allamargot ont vraiment des qualités offensives intéressantes. Maintenant je peux mieux les suivre grâce à Framboise !

Pour finir, j’espère que de nombreux jeunes prendront exemple sur Thierry, c’est le meilleur modèle qui soit !

À propos de Grégoire Marche, son parcours n’est pas sans rappeler le tien ! Quels conseils pourrais-tu lui donner ?

Pour moi, la meilleure façon de préparer l’avenir :
• c’est de continuer ses études
• d’évoluer dans le cocon familial qui le protège
• Ne pas oublier que la progression passe par un travail qualitatif plutôt que quantitatif

Pour le reste je lui dirais en tête à tête s’il le désire…Je ne suis pas contre d’intervenir auprès des jeunes, c’est d’ailleurs pour moi un devoir. Il faut transmettre l’information aux générations futures comme a pu le faire si bien Franck Carlino avec Thierry ou moi…En tous cas j’espère qu’il fera une bien meilleure carrière que moi au niveau du squash, et si le reste peut venir avec, ça serait parfait !

Comment vois-tu l’avenir du squash en général ?

Je suis très optimiste. Je sens qu’il y a un fort engouement de la part de tous les joueurs et des fédérations internationales etc. en ce qui concerne l’adhésion du squash aux JO 2012 ! C’est la première fois que je vois autant de joueurs porter des t-shirts à ce sujet ! Je sens que tout le monde en a marre de ce manque de reconnaissance, on est tous à bout ! Mais c’est dommage qu’on se bouge si tard ! Par contre, je ne sais pas si le poids de nos dirigeants etc. fera l’affaire face au poids des chaînes télé qui ont les droits de retransmission, qui subventionnent une importante partie de l'organisation et qui finalement décident de ce qui peut intéresser leurs téléspectateurs. Peut-être que si on met des clones du string de Vicky Botwright sur les courts ça pourra intéresser les chaînes !

Malheureusement on en est là, c’est dommage qu’on ait besoin de toujours faire appel au sexe pour vendre un produit !

Pour finir sur une note positive, au niveau national, je trouve que les performances de Thierry ont été bien suivies médiatiquement. C’est déjà un bon début ! Pourvu que ça dure….

En ce qui concerne le jeu en lui-même, je trouve l’idée d’être passé à des jeux en 11 points très intéressante. Chaque point a plus d’importance que précédemment, c’est plus excitant à suivre pour le spectateur! Bon sang qu’est ce que j’aurai aimé avoir ce système quand j’étais un joueur PSA !!! Moi qui doutais souvent de mon endurance à la vitesse, je ne me serais pas posé tant de questions !!!
 


 

 

 

Ils nous parlent de Sandy …
Paul Sciberras   Franck Carlino   Thierry Lincou

 

Questionnaire Bernard Pivot

Ton mot préféré

Ton son préféré

Le mot que tu aimes le moins

Le bruit que tu détestes

Ton juron préféré


Si tu pouvais choisir, quel métier autre que le tien ferais-tu ?


Quel métier ne veux-tu jamais exercer 

Si le ciel existe: qu'aimerais-tu que Dieu te dise en arrivant au paradis?

Respect

Le dauphin

Conflit

Le klaxon (allez en Égypte vous comprendrez !)

Fuck mais y’en a plein d’autres, toujours en anglais, ma langue natale !

Acteur. J'aime bien les rôles de névrosés ou de déjantés à la Brad Pitt.  L'avantage, c'est que ce ne serait pas un rôle de composition!

Ouvrier. Je l'ai déjà fait. Respect à eux!

"Sandy, tu as été égoïste parfois pour construire ta vie mais c'était pour mieux donner par la suite. En cela je te remercie".
Dieu, si je me trompe, dis-moi tout de suite!
All content ©2004-2008 Framboise Gommendy

Accueil ] Archives ] Calendrier ] Tournois ] Stages 2008 ] Photo Classics ] Articles ] Classement ] Joueurs ] Liens ] Parlons-en ] F.F.Squash ] Infos Utiles ] Contactez-nous ] Stages ] Des  Sous !!!!! ] News des Ligues/Clubs ]